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Le vin sous toutes ses couleurs (3/4) : le vin orange

 

 

Troisième épisode de notre série consacrée aux couleurs du vin. Après les classiques blanc, rouge et rosé, le mythique et jurassien jaune, place au tendance et néanmoins traditionnel orange !

Le vin orange, c’est « so 2016 » !

Vous en avez peut-être entendu parler. Le vin orange fait le buzz depuis plusieurs années chez les urbains branchés. Arrivé sur les tables américaines « tendances » à partir de 2009, il a connu un vrai succès et s’est peu à peu démocratisé dans le sillage des vins « natures ». Jusqu’à arriver sur la carte des vins de grandes institutions, comme Le Ritz à Londres, qui propose depuis 2016 des vins oranges. On peut raisonnablement estimer, qu’à ce stade, le vin orange n’est plus réservé aux hypsters… On en trouve d’ailleurs chez de plus en plus de cavistes et restaurateurs.

6000 ans d’histoire pour ce « blanc fait comme un rouge »

En réalité, le vin orange existe depuis très longtemps, puisqu’il était déjà produit en Géorgie et dans les pays limitrophes en 4000 avant Jésus-Christ. La méthode mise au point à l’époque est encore utilisée : on fait macérer des grappes de raisins (pulpes, peaux, pépins et rafles) dans une grande jarre en terre cuite enterrée, le Kvevri. Comme évoqué dans le premier article de cette série, la couleur du vin provient avant tout de la peau des raisins. On obtient le vin rouge (ou rosé) en faisant macérer la pulpe avec la peau du raisin noir. On obtient du blanc en pressant le raisin sans faire macérer la peau dans le jus. Et on obtient le vin orange en faisant macérer la peau du raisin blanc dans son jus. Le vin orange est un vin blanc de macération. Comme pour le rouge et le rosé, la macération est plus ou moins longue, de quelques jours à plusieurs mois, offrant une robe jaune soutenue jusqu’à orange foncée. La tradition est millénaire dans le Caucase mais a fait des émules depuis le début des années 2000 notamment en Italie dans la région du Frioul, mais aussi plus récemment en France, en particulier dans le Roussillon, le Jura ou la Loire.

Un vrai intérêt gastronomique

Même si le retour des vins oranges suit une mode et que tous les vins oranges ne sont pas forcément bien faits, le fait de faire macérer des vins blancs donne un profil de vin bien différent des vins blancs classiques, rouges ou rosés. A ce titre, le vin orange mérite sa place dans une carte des vins. Comme pour les rouges, la macération donne de la structure au vin : on obtient un vin blanc tannique, même si le vin n’est pas aussi « charpenté » qu’un vin rouge. En général, le vin orange donne une impression de concentration, de fraîcheur et de structure et des arômes d’épices, de miel, de fruits confits. Il réclame des plats de caractère : les alliances sucrés-salés, les épices ou les arômes fumés sont tout indiqués. Que diriez-vous de le tester avec une « pintade confite, lard et tagliatelles »,  une « lotte poêlée, consommé de homard, chorizo et shitake » ou « une joue de porc fumée, courge musquée et panais rôti au sirop d’érable » ? Ou plus simplement avec un fromage à pâte dure ayant un peu de personnalité.

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