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Vers la fin du bouchon en liège ?

 

Avec 2000 ans d’utilisation, le bouchon de liège est une solution éprouvée ! Fabriqué dans un matériau disponible en Europe (le chêne-liège se plait particulièrement en Méditerranée), il était le seul vrai moyen de retenir le vin dans une bouteille, jusqu’à la fin des années 60.

Fabriqué dans un matériau naturel et chaleureux, associé au sympathique rituel d’ouverture au tire-bouchon et au joli bruit caractéristique de son retrait, il ne manque pas d’atouts. Par ses pores, il permet même de laisser respirer le vin, juste comme il faut, ce qui serait une avantage pour la garde…

Ce qu’on lui reproche

Mais voilà, parfois, de manière imprévisible et inopportune, le TCA ou 2,4,6-trichloroanisole, peut contaminer le liège et donner le fameux « goût de bouchon », qui transformera le meilleur des vins en breuvage imbuvable. Et la proportion de bouteilles concernées est très significative : il est difficile d’avoir des chiffres fiables, mais on peut estimer que sur des bouchons de qualité moyenne, 3 à 5% des bouteilles seraient bouchonnées, proportion qui descendrait à 1% sur les bouchons les plus qualitatifs, et donc les plus onéreux. Car non content de gâcher aléatoirement des bouteilles, le bouchon de liège est aussi très cher…

La capsule à vis : le challenger pour un bouchage qualitatif

Utilisé massivement dans certains pays du nouveau monde, Australie en tête, la capsule à vis gagne du terrain depuis le début des années 70. Il faut dire que ce petit bout de métal présente, sur le papier, une ribambelle d’avantages du plus œnologique au plus pratique :

– il n’y a pas de variabilité de la taille des pores (puisqu’il n’y a pas de pores), donc les bouteilles se conservent toutes de la même manière,

– l’absence d’échange d’air améliore la conservation des arômes des vins jeunes,

– l’oxygène n’entrant pas dans la bouteille, la dose de sulfites (anti-oxydant) peut théoriquement être diminuée

– le coût d’une capsule est significativement plus faible qu’un bouchon en liège

– contrairement au liège, il n’y a pas de contrainte d’humidification, il est donc possible de conserver les bouteilles verticalement,

– il est possible de refermer hermétiquement et facilement la bouteille

– il n’est pas nécessaire d’avoir un tire-bouchon

A noter, comme nous l’évoquions dans un article précédent qu’il existe également d’autres bouchons qui permettent un bouchage complètement hermétique : le bouchon synthétique, qui a la même forme que le bouchon en liège, mais qui est en plastique ou le bouchon de verre, plus classe mais plus cher. Le bouchon synthétique représente aujourd’hui une grande proportion des bouteilles mais n’est pas adapté à la garde car il marquerait le goût du vin et ne permet aucune respiration, le bouchon en verre est encore relativement confidentiel car très cher. Ces deux modes de bouchage ne risquent pas de faire disparaître le liège.

Alors capsule ou liège ?

La question n’est pas simple. La capsule présente de sérieux avantages pratiques et le goût de bouchon est un vrai handicap pour le liège. Si on met de côté le goût de bouchon, il n’y a pas de réponse universelle et unanime concernant la qualité gustative du vin après quelques années de garde. Des dégustations à l’aveugle de vins issus de la même parcelle, du même millésime, vinifiés de manière identique mais présentant ces deux modes de bouchage différents ont régulièrement lieu et divisent les experts. Si l’oxygénation permise par le bouchon de liège est excessive, le vin risque de vieillir trop vite, inversement, la capsule à vis, en empêchant tout passage d’air, peut donner un caractère « réduit » au vin au cours du vieillissement qui est préjudiciable aux arômes.

D’un point de vue technique, pour faire un choix avisé, il faudrait donc savoir comment a été vinifié le vin (quelle quantité d’oxygène a été apportée avant la mise en bouteille) et combien de temps le consommateur souhaite le conserver… et même dans ces conditions les avis divergeraient.

En pratique, c’est aujourd’hui essentiellement la culture du vin qui guide le choix des producteurs : dans les pays du « Nouveau Monde », le consommateur est beaucoup plus sensible à l’aspect pratique qu’à la tradition. En France et plus globalement dans l’Europe du Sud, il est encore difficilement concevable d’abandonner le bouchon, associé à une image de qualité et à un rituel auquel une majorité de consommateurs tient. Le bouchon de liège perd du terrain, mais ses amoureux ne doivent pas pour autant s’inquiéter : c’est inévitable en partant d’une position de monopole !

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