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A la Venvole, rencontre avec une grande vigneronne ….

 

Les abonnés des box premium Trois Fois Vin, box Échanson et Cachottiers du mois de septembre 2020 ont pu découvrir une pépite (encore une) ! La cuvée « A la venvole » du Domaine de Cébène est issue de Syrah, Grenache et Carignan. Brigitte Chevalier, vigneronne, et propriétaire du Domaine, nous parle avec amour, et fraîcheur, de ce tout premier millésime.

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Photo: M. Parent

Comment est né le Domaine de Cébène ?

C’est un domaine que j’ai créé de toute pièce. J’ai tout de même acheté, en 2007, des vignes qui étaient pour certaines en production depuis très longtemps, autour de 70/80 ans. Pour d’autres un peu plus jeunes. Je n’étais pas vigneronne à la base, mais j’avais le sentiment profond que c’était le bon moment pour me lancer.

Je me suis posé la question de savoir quelle sorte de vin je voulais créer. Je souhaitais et je souhaite toujours faire des vins sur le côté délicatesse, élégance, bel équilibre, avec un joli fruit et sur des cépages du sud, même si je cherchais aussi la fraîcheur. Ce qui m’a guidé, c’est le terroir de schistes. J’aime beaucoup la douceur, les tannins soyeux qu’on peut obtenir sur les schistes. J’ai cherché dans plusieurs appellations, et il se trouve que c’est à Faugères que j’ai trouvé ce qui répondait à mon cahier des charges personnel : schistes, altitude et donc fraîcheur. J’ai trouvé des parcelles de vignes pour la plupart orientées vers le nord, avec de petits rendements, et plus compliqués à produire, dont personne ne voulait, alors que pour moi c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce lieu.

Quel est votre parcours avant le Domaine de Cébène ?

Dans ma famille, personne ne produit de vin, mais par contre, je suis originaire du Médoc, alors mes terrains de jeu, c’étaient les vignes. Je me suis expatriée en Allemagne puis en Afrique et quand je suis revenue, toujours ce fil conducteur du vin m’animait. Dans une autre vie donc, je commercialisais du vin chez un négociant à Saint-Émilion. J’ai beaucoup appris là-bas, je dégustais beaucoup, j’étais souvent dans les chais, je participais aux assemblages avec les vignerons. C’était déjà un premier pied dans le vin. Très formateur !

Aujourd’hui, qu’est-ce que le Domaine de Cébène ?

Ce sont 11 hectares de vignes, en grande majorité sur schistes avec 6 hectares d’un seul tenant. Elles sont toutes orientées nord-est, nord-ouest à 300 m d’altitude. Tout cela donne des terroirs très frais. Les vents dominants qui traversent le parc naturel régional du Haut-Languedoc viennent rafraîchir et sécher le vignoble le matin. C’est un domaine qui est certifié en bio. Je travaille, aussi, en biodynamie, sans label pour le moment. Je me sers de tisanes, entre autres, pour redynamiser les sols et les plantes.

Combien de cuvées produisez-vous ?

5 cuvées au total dont « A la Venvole ». 4 en AOC Faugères, et 1 cuvée en IGP d’Oc. Elles ont toutes une raison d’être et ont été créées pour transmettre des émotions différentes.

Comment se sont déroulées vos vendanges 2020 ?

Nous avons commencé début septembre. Les Syrah étaient arrivés à point. On récolte à parfaite maturitén, ni trop mûr ni pas assez. C’est le juste équilibre que je recherche toujours. Certaines personnes disent que je cherche à faire des vins du nord dans le sud de la France. D’où l’importance d’être sur des terroirs un peu plus frais, encore plus avec le réchauffement climatique. Sur le Domaine, les vignes sont vieilles, donc les racines vont chercher très profondément toutes les substances dont elles ont besoin. C’est ce qui est magique avec un terroir de schistes !

Racontez-nous ce terroir de schistes sur le Domaine de Cébène ?

Quand on regarde les découpes de sols de schistes, on parle de « feuillets de schistes ». C’est comme un millefeuille. Plus les plantes sont âgées, plus les racines sont longues et peuvent aller chercher profondément des petites gouttes de pluie restées prisonnières. Pour moi, c’est vraiment le meilleur terroir au monde pour les vins que je veux faire. Pour donner ce « goût du lieu » phénoménal.

L’étiquette de la cuvée « A la venvole », que les abonnés Trois Fois Vin ont reçue, avec ces longues lignes représente t-elle ce terroir de schistes justement  ?

Absolument, on met l’accent sur ces couches de schistes, mais comme si un coup de vent était passé. Un peu de façon déstructurée. Au départ, ces lignes représentent les lignes d’horizon censées être la déesse Cébénna. La légende raconte qu’en tant que fille des titans, elle a été condamnée à mourir en attendant l’amour qu’elle ne pourrait jamais atteindre. En s’allongeant elle a donné la forme de sa silhouette à une montagne. C’est une montagne que je vois très bien de certaines parties de mes vignes. Je trouve que c’est une belle idée que d’ancrer le domaine dans l’histoire et la mythologie.

Comment avez-vous pensé à cette cuvée « A La Venvole » ?

Cela fait plusieurs années que je réfléchis à une cuvée qui permet et permettra aux consommateurs d’avoir une première approche de l’élégance de Cébène avec quelque chose d’abordable et spontané. J’ai énormément travaillé, réfléchi, médité sur ce vin. Et enfin, en début d’année, dans le chai, en goûtant mes cuves et en faisant mes premiers assemblages, je me suis rendu compte qu’on avait vraiment là, une perle en devenir. 2019 est donc le premier millésime de « A la Venvole ».

Cela évoque un souffle. Celui du vent. Et évoque aussi quelque chose de naturel et spontané. L’expression signifie « à l’improviste ».

Au domaine, le vent est très souvent présent, je voulais que ce mot-là évoque les vignes de Cébène qui sont chahutées par les vents du parc naturel du Haut-Languedoc.

Photo: M. Jean Aubry

Est-ce à déguster de suite ou lui faut-il du temps ?

Un peu les deux, c’est ce qui est intéressant. C’est une bouteille que l’on va pouvoir ouvrir à l’improviste à la maison. Mais c’est un flacon aussi, qui va pouvoir se garder 5 ou 6 ans sans problème. Il va se complexifier. On voit l’évolution, les arômes se complexifient. Les vrais amateurs vont y trouver leur compte.

Et à la dégustation ?

C’est un vin ancré dans le schiste, donc fruité, racé, et qui va nous délivrer tout de suite des arômes de fruits rouges, de notes florales, de la mirabelle, de l’airelle, du coing. On a des sensations très fraiches comme la garrigue, les épices, la grenade. En bouche, c’est léger mais tendu, très aérien, avec des tannins enveloppants.

Avec quoi peut-on l’accompagner ?

On peut le marier « à l’improviste » à un barbecue, des brochettes d’agneau, des poivrons rouges marinés, des tapenades, mais aussi un tian aux légumes du soleil. Et en automne ou en hiver ça peut accompagner une belle entrecôte.

Être dans une box comme celle de Trois Fois Vin, est-il « intéressant » pour vous ?

Je suis très flattée d’être dans la sélection de vin de Marie-Dominique Bradford. C’est une véritable spécialiste. Elle m’impressionne beaucoup. C’est une chance, une reconnaissance. Quelle bonne idée de présenter à des amateurs de vin, des cuvées auxquelles ils n’auraient peut-être ni pensé ni accès. Une vraie découverte. Elle fait un boulot formidable. Elle est le médium qui va mettre en contact, nous, vignerons avec des consommateurs. Elle le fait si bien ! On ne peut pas rêver mieux.

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